Pierre-Yves Le Borgn'

député des Français de l'étranger

circonscription Allemagne, Europe centrale et orientale

L’émotion et la promesse

Les paysages de Provence défilent dans la lumière du matin. Dans le TGV qui file vers Paris, je revis ce bel hommage à Guy Penne hier soir à Sainte-Cécile-lès-Vignes. Les élus rassemblés autour de Frédéric et d’Anne-Sophie, les enfants de Guy. Un discours émouvant de Max Ivan, rappelant l’attachement de Guy à son village, son œuvre de maire et sa religion de l’amitié. Un discours vrai, sobre et juste qui exprimait l’affection et la peine mêlées de tous les amis massés devant l’hôtel de ville, céciliens, vauclusiens et aussi ceux qui, comme nous, venaient de plus loin.

Il y avait là, avec Hélène, nos Sénateurs Monique, Claudine et Richard, Jean-Pierre Bayle, Kersti Colombant, de passage à Carpentras, quelques amis de la péninsule arabique autour de Pierre Teisseire et Céline, l’ancienne assistante de Guy. Et puis, à travers nous, celles et ceux, nombreux à travers le monde, dont nous portions l’émotion et la reconnaissance.

Nous avons partagé le verre de l’amitié dans la petite école de Sainte-Cécile à l’invitation de Max Ivan. L’occasion d’évoquer notre ami, de sourire à l’évocation de quelques souvenirs savoureux. Ses pittoresques récits de voyage, les avoinées auxquelles personne n’avait échappé à un moment ou un autre, les attentions discrètes qu’il manifestait et qui nous touchaient tellement. C’était sa marque.

Merci à Hélène de m’avoir présenté Fred Jarvis, qui présidait l’union des étudiants britanniques lorsque Guy présidait l’UNEF. Un ami de plus de 60 ans, candidat travailliste à la Chambre des Communes en 1951 ! Fidélité, disait Max Ivan. La présence de Fred ne pouvait mieux l’illustrer. Personne n’oubliera la profonde gentillesse de Guy. Chacun gardera de lui anecdotes, images et ce formidable message de volonté et d’optimisme qui lui survivra.

L’histoire continue, sans Guy et pourtant avec lui. Sur les chemins de l’humain et avec la foi inébranlable des bâtisseurs. C’est certainement tout au fond la promesse que nous nous sommes faite hier en voyant s’éloigner le cercueil de Guy dans la douceur du soir, à l’ombre du Ventoux, alors que chantaient les cigales de Sainte-Cécile.