Pierre-Yves Le Borgn'

député des Français de l'étranger

circonscription Allemagne, Europe centrale et orientale

A la convention du Parti Socialiste Européen

Le Parti Socialiste Européen tiendra les 25 et 26 novembre à Bruxelles une importante convention à laquelle des milliers de participants issus de tous les partis membres se rendront. J’y participerai comme militant du PSE avec les amis de Berlin et d’autres sections de la Fédération des Français à l’Etranger du Parti Socialiste, à commencer bien sûr par celle de Bruxelles. Ce sera l’occasion d’échanger idées et projets sur cette Europe que nous voulons, tellement différente de celle qui s’affiche (je n’ose plus dire « se construit ») sous nos yeux. Une Europe citoyenne, qui agit pour les peuples et non contre eux, qui combat la dictature des marchés, qui ne se couche pas, qui se défend. Une Europe dont l’avenir ne s’écrit pas dans une succession sans fin de plans d’austérité, condamnant le monde du travail à la désespérance et au chômage de masse au moment où s’enrichissent les spéculateurs. Une Europe qui, par la preuve, réhabilite le progrès collectif, social comme environnemental, que les pouvoirs de droite et les lobbies de l’argent fou entendent casser sous couvert de contraintes budgétaires.

Nous vivons un moment critique. La crise des dettes souveraines, gérée à la petite semaine par des Chefs d’Etat et de gouvernement sans vision ni projet durant deux ans, s’est propagée à l’économie réelle et condamne désormais notre continent à la récession. Jamais sans doute la précarité et le chômage n’ont été aussi menaçants pour celles et ceux qui n’ont pour vivre que leur force de travail. Aucun Etat ne pourra se défendre seul, à commencer par ceux qui, à tort tellement plus souvent qu’à raison, font depuis Berlin, Paris ou Londres la leçon aux autres. Gesticuler n’est pas agir. Humilier n’est pas secourir. Il n’y aura d’avenir que dans le fédéralisme européen, le gouvernement économique en contrepoids de l’atout incroyable que reste l’Euro, notre monnaie unique, et dans la communautarisation des dettes souveraines. L’Europe doit rompre avec la naïveté et le laissez-faire, mobilisant ses instruments de politique commerciale pour se protéger de toutes les concurrences déloyales, monétaires, sociales et environnemental

L’Europe qui agit, l’Europe qui protège, voilà notre ambition de militants du PSE. Parler d’Europe, c’est parler d’émotions, de dignité, de mouvement et, osons le mot, de bonheur aussi ! Ne laissons pas plus longtemps Merkel, Sarkozy, Barroso et quelques autres pompiers-pyromanes vendre impunément l’idée qu’il n’existerait qu’une seule logique possible, celle de la jungle libérale, celle du toujours moins pour beaucoup et du toujours plus pour quelques-uns. Oui à la taxation des transactions financières, aux conditions du PSE, pas à celles des droites européennes ! Ces mêmes droites que cela ne dérange même plus de saper dans l’aide alimentaire aux plus démunis. Il existe une famille socialiste et social-démocrate européenne, certes diverse, faite d’histoires et d’expériences souvent différentes, qu’il s’agit de resserrer, de rassembler, de refonder derrière un projet fédérateur, une vision de la société au service de l’humain, parce que la communauté de destins requiert une volonté sans faille pour traduire dans les actes l’ambition du progrès.

Puisse la convention du PSE impulser cet élan-là. Beaucoup a été entrepris, qui doit tant à l’action de Poul Nyrup Rasmussen, Président du PSE et ancien Premier Ministre du Danemark. Poul fera ses adieux à l’occasion de la convention. Il nous manquera et nous lui rendrons l’hommage qu’il mérite. Comme nous saurons le faire aussi à l’engagement de Philip Cordery, Secrétaire-Général du PSE, et de toute son équipe. Jamais un parti européen n’aura en effet réuni autant de militants dans une convention. Chapeau bas, car c’est du boulot, de l’énergie et, plus encore, de l’espoir à revendre. Un signe fort de la mobilisation qui se lève et des enjeux électoraux à venir, en 2012 en France, en 2013 en Allemagne et en 2014 dans toute l’Union, quand il faudra conquérir la majorité du Parlement européen pour installer l’un des nôtres, le candidat de tout le PSE, à la Présidence de la Commission européenne.