Pierre-Yves Le Borgn'

député des Français de l'étranger

circonscription Allemagne, Europe centrale et orientale

Non au coup de force de Vladimir Poutine en Crimée

Les Commissions des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale et du Sénat ont auditionné ensemble ce mercredi 12 mars le Ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius sur la situation en Crimée. Celle-ci est d’une rare gravité et représente sans nul doute la crise la plus profonde et menaçante pour la paix en Europe depuis la fin du conflit en ex-Yougoslavie il y a près de 20 ans. J’ai pu prendre la parole à l’occasion de l’audition du Ministre pour développer la position que je résume dans les lignes suivantes. Sans doute cette position tranche-t-elle avec l’expression parfois réservée, prudente, un poil défaitiste, si ce n’est même presque compréhensive de certains collègues pour qui il faudrait finalement prendre acte de la partition du territoire ukrainien mise en œuvre par Vladimir Poutine et passer notre chemin.

 

Le coup de force de la Russie en Ukraine et l’annexion de fait de la Crimée sont insupportables. Il s’agit d’une violation caractérisée du principe cardinal d’intangibilité des frontières. Le cynisme de Vladimir Poutine est sans limite et témoigne de son plus profond mépris pour le droit international. Face au défi que l’agression russe contre l’Ukraine pose à la communauté internationale et en particulier à l’Europe, il ne faut surtout rien lâcher. En aucune manière, le simulacre de référendum qui sera conduit dimanche prochain en Crimée ne doit être reconnu.  Si Vladimir Poutine parvenait à ses fins en raison de la faiblesse de la réaction internationale, rien ne l’empêcherait alors de s’en prendre aux autres régions de l’est de l’Ukraine, à la Moldavie ou à la Géorgie. Sans doute même parviendrait-il à réveiller, ce faisant, les nationalismes centre-européens et leurs diverses revendications territoriales.

 

Toute solution en Ukraine doit certes faire pleine et légitime place à la Russie, mais dans le strict respect du droit international et non au prix de celui-ci. Le soulèvement de la Place Maïdan exprimait un besoin de liberté, d’Etat de droit, de respect, de protection contre l’arbitraire, la corruption et le meurtre d’un peuple en révolte. Comment ne pas l’entendre ? Comment ne pas le soutenir, politiquement et économiquement ? Que fait encore la Russie au Conseil de l’Europe dès lors qu’elle agresse un Etat membre de celui-ci et entend s’affranchir de toutes les règles de droit international ? Je souhaite le renforcement des sanctions décidées par l’Union européenne, en particulier les sanctions personnalisées. Les avoirs des oligarques doivent être gelés et les visas refusés. Le G8 de Sotchi doit être annulé et un G7 organisé à sa place. Et des sanctions économiques doivent d’ores et déjà être étudiées pour l’hypothèse où elles s’avèreraient malheureusement nécessaires.

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