Pierre-Yves Le Borgn'

député des Français de l'étranger

circonscription Allemagne, Europe centrale et orientale

A Stuttgart (17-18 décembre 2015)

photographie : l’adorable message de Noel des enfants de la section Ferdinand-Bac de Stuttgart

 

J’ai effectué une visite à Stuttgart les 17-18 décembre derniers. Outre ma permanence et ma réunion de publique de compte-rendu de mandat, toutes deux organisées à l’Institut français (merci au Directeur et Consul général Nicolas Eybalin pour son hospitalité), j’ai consacré l’essentiel de ce déplacement à l’enseignement. Je suis ainsi retourné au Wagenburg-Gymnasium, que j’avais visité une première fois en 2014, et qui abrite une section franco-allemande très active, préparant à l’AbiBac. Près d’un tiers des 600 élèves du Gymnasium sont français. Le Gymnasium est lié dans le cadre de l’AbiBac à deux établissements français, l’un à Saverne, l’autre au Mans. De la 5ème classe à la 9ème classe, les élèves germanophones et francophones sont séparés durant les cours de français. A partir de la 7ème classe, ils ont des cours bilingues en géographie, histoire et instruction civique. A partir de la 10ème classe, les élèves ont cours ensemble dans toutes les matières. L’AbiBac requiert de passer un examen écrit en histoire et un examen écrit et oral en français.

 

J’ai eu plaisir à retrouver la proviseure Madame Wagner. J’y ai également rencontré Mesdames Gourdin et Hommel, respectivement présidente et vice-présidente de l’association abritant la section Ferdinand Bac. La section Ferdinand Bac existe depuis 2009. Elle est ouverte aux élèves des classes de cours moyen de l’école primaire franco-allemande de Sillenbuch, qui constitue le vivier du Wagenburg-Gymnasium. Elle s’adresse aussi aux enfants de familles franco-allemandes s’installant à Stuttgart. Les enfants inscrits à la section Ferdinand Bac appartiennent à une 5ème ou 6ème classe du Gymnasium. Ils suivent les programmes de français et de mathématiques de CM2 et de 6ème par le biais du Centre national d’enseignement à distance (CNED), accueillis par une enseignante française, Madame Fafeuilhe, que j’ai eu le plaisir de rencontrer. A partir de la 7ème classe, les élèves peuvent poursuivre au rythme de 2 séances par semaine.

 

L’action de la section Ferdinand Bac, de Madame Fadeuilhe et des bénévoles qui font vivre l’association doit être relevée et soutenue. Elle permet en particulier de maintenir le lien avec les programmes français pour celles des familles qui envisageraient à un moment ou un autre un retour en France. 16 élèves sont actuellement inscrits à la section. Les frais de scolarité demandés par la section s’élèvent entre 110 et 140 Euros, auxquels il faut ajouter les frais d’inscription au CNED. Au début de son existence, la section Ferdinand Bac recevait un concours financier français via le programme Français Langue Maternelle (FLAM). Ce concours a pris fin après 5 ans. Je pense qu’il serait sain de permettre, après quelques années, de déposer à nouveau un dossier pour soutenir les initiatives parentales. Une large part de l’avenir de la section repose sur la reconnaissance de son existence et de sa valeur ajoutée par les parents d’élèves et par la direction de l’école primaire franco-allemande de Sillenbuch, où je suis également allé à l’occasion de ce voyage.

 

A Sillenbuch, j’ai rencontré Madame Koudou, la nouvelle directrice française, arrivée cette année de Strasbourg. 190 enfants sont inscrits dans la section française, qui compte 8 classes. L’école a un total de 570 élèves. La section allemande compte 16 classes. L’école primaire de Sillenbuch deviendra une Ganztagschule à partir de l’année scolaire prochaine. Cette évolution fait suite à la demande de nombreux parents d’élèves. La plupart des élèves de l’école continuent leur scolarité au Wagenburg-Gymnasium. En amont de l’école de Sillenburg se trouve l’école maternelle franco-allemande Georges-Cuvier, en gestion parentale, que dirige également Madame Koudou. Une centaine d’enfants y sont inscrits dans 4 classes ainsi que dans une classe d’accueil pour les tous petits. L’articulation entre l’école maternelle Georges-Cuvier, l’école primaire de Sillenbuch et le Wagenburg-Gymnasium permet de pallier à l’absence de lycée français à Stuttgart. La section Ferdinand Bac maintient utilement le lien avec certains des programmes français.

 

La communauté française du Bade-Wurtemberg est la plus importante en comparaison avec les autres Länder. Il y a dans le Land plus de 27 000 compatriotes immatriculés au registre des Français établis hors de France. 10% des Français du Bade-Wurtemberg vivent à Stuttgart. Plus de 8% à Karlsruhe et 6% à Fribourg. Outre Stuttgart, je me suis rendu cette année à Karlsruhe et Friedrichshafen. J’ai demandé qu’un Consul honoraire puisse être désigné pour la région couvrant le lac de Constance et l’est du Land, jusqu’Ulm. Je prévois en 2016 des déplacements à Fribourg, Baden-Baden, Mannheim et Heidelberg. Il me paraît important, au regard de la taille de la communauté française, qu’un renforcement des tournées consulaires depuis Munich intervienne. J’ai indiqué au Consul général être prêt par ailleurs à mettre ma réserve parlementaire à profit pour l’équipement d’un petit appareil de prise d’empreintes biométriques si cela pouvait aider à ne plus exposer les compatriotes demandant un passeport à un voyage à Munich.

 

Durant mon séjour à Stuttgart, j’ai été accompagné par mon ami Heiner Wittmann, un homme qui compte dans les relations franco-allemandes. Heiner, que j’ai connu au début de mon mandat, est celui qui a fondé et fait vivre le Frankreich-Blog. Heiner vit à Stuttgart depuis quelques bonnes décennies. Entre deux rendez-vous, je l’ai accompagné un petit moment chez Klett, la grande maison d’édition de livres scolaires pour laquelle il travaille. Voir Klett de l’intérieur est passionnant. Cela rajoute une réalité humaine à l’expérience des livres que nombre d’entre nous avons souvent feuilletés et lus. Klett est aussi une formidable aventure industrielle et familiale, qui s’étend sur 4 générations. Comme à Düsseldorf en septembre, j’ai donné une interview à Heiner, consacrée cette fois au succès de la COP 21 et à l’accord de Paris. La voici ici

 

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