Pierre-Yves Le Borgn'

député des Français de l'étranger

circonscription Allemagne, Europe centrale et orientale

J’aime … et aussi un peu ce que je n’aime pas !

Une biographie ne dit pas tout d’une personnalité, d’une histoire, d’un vécu. Parodiant un peu les « j’aime, je n’aime pas » classiques, j’ai glissé dans les lignes qui suivent quelques détails sur les choses qui me bougent et aussi un peu sur celles qui ne sont pas trop mon truc. Hasard heureux de l’ordre alphabétique, je commence par la cuisine !

Cuisine.
J’adore le crabe frais, surtout s’il sort des casiers quelque part entre Loctudy et Penmarc’h. Un crabe bigouden, il n’y a rien de mieux ! Les langoustines peuvent suivre, accompagnées par les huitres et les bigorneaux. Les fruits de mer sont un bonheur.

J’aime cuisiner le poisson. La daurade au fenouil est devenue ma spécialité. J’essaie le rôti de thon de temps à autre. C’est aussi périlleux que la noix de coquille saint-jacques car une petite minute de cuisson de trop transforme l’essai en bide total.

En bon breton, je fais des crêpes, salées et sucrées. Ces derniers temps, j’ai eu la main un peu lourde sur le rhum dans la préparation de la pâte sucrée. Disons que les crêpes étaient sacrément parfumées et que mes invités étaient plutôt joyeux à l’arrivée ! Ils m’ont pardonné avec un grand sourire. Au rayon culinaire, il y a malheureusement aussi des choses que je n’aime pas. Cela commence par le fromage, ce qui, je le reconnais, n’est vraiment pas terrible pour un Français. De même, je suis rétif au vinaigre, et ce d’ailleurs autant au sens propre qu’au sens figuré !

Films.
Le rire est important pour moi. Je ne peux pas imaginer une journée, une heure même, sans me marrer au moins un peu. Sans doute est-ce pour cela que les premiers films auxquels je pense relèvent du comique et de la comédie. J’adore les dialogues des Tontons Flingueurs et des Barbouzes. La scène de la cuisine dans les Tontons Flingueurs est pour toujours un monument du cinéma. Je ne sais combien de fois je l’ai revue et j’en pleure toujours de rire : « Tiens, vous avez sorti le vitriol… On avait dû arrêter la production, les clients devenaient aveugles… Moi, j’ai connu une Polonaise, elle en prenait au petit-déjeuner… ». Grandiose.

L’Auberge Rouge, La Traversée de Paris, La Grande Vadrouille, Le Corniaud, La Cuisine au Beurre, Le Petit Baigneur, Tatie Danièle, Les Visiteurs, Le Bonheur est dans le Pré, Les Chtis, voilà qui redonne le moral les soirs de blues ! Reste que tout en haut de ma filmographie figure Bagdad Café, un film fascinant sur l’amitié, envoutant par sa lenteur, sa musique, sa photographie. C’est le chef d’œuvre. J’ai aussi aimé Les Choristes, Chocolat, César et Rosalie, Le Dernier Métro et Brokeback Mountain, un film qui m’avait bouleversé à sa sortie il y a deux ans.

Livres.
Zola - L'assommoir - Ed Pasquelle - 1968Je reste, bien des années après avoir dévoré tous les Rougon-Macquart, un admirateur de l’œuvre d’Emile Zola et du naturalisme. Je suis entré tôt dans l’œuvre de Zola, après avoir découvert un passage de l’Assommoir dans le livre de lecture de 5ème (la scène où Coupeau tombe du toit), et je n’ai jamais décroché, au regret de certains professeurs qui tentaient de m’attirer vers d’autres auteurs français. La trame des romans, la fresque humaine et les lieux décrits sont d’une puissance impressionnante. Mon roman préféré est « La Terre ». Au-delà, j’aime aussi Maupassant, Proust, Camus et le Romain Gary de « La Promesse de l’Aube ».

J’ai également une faiblesse pour les romans policiers. Les grands, bien sûr, avec Chandler et P.D. James, mais aussi Simenon et les romans policiers bretons, ceux de Jean Failler, Jean-François Coatmeur et Hervé Jaouen. Tout cela est sans doute bien éclectique !

J’ajoute un dernier livre, qui m’a scotché l’an passé et que je recommande : « Train de nuit pour Lisbonne », du romancier suisse Pascal Mercier. Il raconte l’histoire d’un professeur de latin de Berne, qui, un jour, plaque toute sa vie et file en train vers Lisbonne, sans trop savoir pourquoi…

Photos.
J’ai besoin d’avoir un appareil photo près de moi. Toujours. J’ai reçu mon premier appareil photo lorsque j’avais 8 ans. Un petit instamatic avec des flashes carrés que l’on achetait en plus des pellicules. J’étais fier comme un roi. Je me perchais dans les escaliers pour mitrailler ma famille. Je devais ennuyer tout le monde plus qu’autre chose, mais des années après, nous regardons maintenant ces photos avec une grande tendresse. J’ai appris au cours de ma vie d’étudiant à tirer des photos de presse.

Ile de Skye

Le localier que j’étais au Télégramme de Brest devait écrire, mais aussi photographier. J’avais été très fier de voir mes photos d’hélicoptère du départ de la Course du Figaro publiées dans le journal. Est venu ensuite un Nikon, acheté avec un mois de paie du Télégramme ! Il m’accompagne encore 22 ans après. Sentimental, je lui ai confié le noir et blanc depuis que le numérique et un Canon sont arrivés ! J’ai dû m’y faire au risque d’apparaître comme un ancêtre. Aujourd’hui, j’essaie de travailler les paysages, les profondeurs, les contrastes de couleurs. Un peu moins les portraits. Il y a tant à apprendre. L’île de Skye l’an passé a été formidable pour la photo.

Personnalités préférées.
J’en ai déjà cité quelques uns plus haut pour les lectures. Mon best of est très divers. Je crois que ce qui rassemble ceux dont les noms suivent est le courage, la rectitude, la volonté, l’inventivité. Pierre Mendes France, pour sa vision, sa pédagogie de l’action, son refus de tout compromis médiocre. C’était un homme d’Etat dont la trace demeure. Je suis heureux d’appartenir à l’Institut Pierre Mendes France et de contribuer ainsi à faire vivre l’actualité du mendésisme par la réflexion et le travail de mémoire. J’admire aussi Nelson Mandela pour son engagement, sa détermination inébranlable et aussi sa mesure. Aucune victoire ni changement durable ne se construit contre l’autre.

Viennent également, hors de la sphère politique, des gens aussi différents qu’Edward Hopper (peinture), Paul-Emile Victor, Jean Daniel, Nicolas Hulot et Zinedine Zidane (même si je préfère les deux coups de tête de juillet 1998 au coup de boule de juillet 2006). Au risque d’apparaître très groupie, je confesse chérir une photo prise avec Zizou au Stade de France pour les 10 ans de la victoire de 1998. Je suis un trop vieux footeux désormais pour me refaire !

Avec Zinedine Zidane - 2008

Qualités humaines.
Le courage, la loyauté et la fidélité sont des valeurs cardinales. Affirmer cela appelle aussi de ma part la description de ce que je n’aime pas. Allons-y : je n’aime pas le calcul, la couardise, le cynisme, la condescendance et la pédanterie. Longue liste ! Rien n’est plus disqualifiant à mes yeux que la duplicité de langage et de comportement. Rien n’est meilleur que le désaccord assumé, car il s’inscrit dans le respect de l’autre et le refus de tout jeu ou querelle médiocre. La vie politique expose sans doute au meilleur comme au pire.

Né optimiste, je tends toujours à vouloir voir le meilleur d’abord. J’ai des amis qui ont parfois été des adversaires. J’ai besoin de palper l’humanité et la sincérité de l’autre pour être en confiance. C’est peut-être une faiblesse, car cela expose à des déceptions, mais je me refuse aux échanges désincarnés, à la froideur, au formalisme. Il en va de même de la superficialité. L’amitié dure et croît si elle se cultive, par des signes, par des mots. C’est ma règle.

Sports.

Monte - Rossa - Italie

Je pense avoir touché à tous les sports populaires et avoir vite mesuré mon absence confondante de talent ! Pas de perspective olympique en vue, mais en revanche une parfaite adhésion à la phrase célèbre de Pierre de Coubertin : « l’important est de participer ». J’ai peiné à vélo dans les grimpettes bretonnes, ramassé quelques buts casquettes quand je jouais gardien au foot et pris de temps en temps un bon 6-0 au tennis. La passion du sport, c’est jouer, courir, partager.

Tous les ans au mois de mars, je commence la saison avec le semi-marathon de Lisbonne. Ce pari initial entre copains est devenu une institution pour moi. Passer le Pont du 25 avril en courant est un bonheur. Arriver un peu cuit à Belem 21 kilomètres plus loin en est un autre aussi… Viennent ensuite quelques autres courses à pied, les sorties en VTT, plus sûres désormais que sur la route, et un peu d’alpinisme l’été. Il me manque un bon match de foot de temps en temps pour me dérouiller un peu, à condition de ne plus jouer dans les buts ! Je chéris aussi mes sorties « Mimiles » sur les classiques cyclistes de printemps, bien sûr en attendant le Tour.

Voyages.
Les voyages satisfont ma curiosité naturelle. Ils peuvent être lointains ou proches. Je marche au coup de cœur. Lorsque j’étais petit passait à la télévision une émission qui s’appelait « La course autour du monde ». Elle entraînait durant un semestre 8 jeunes francophones autour du monde, à qui une bourse, des sous pour voyager et une petite caméra étaient donnés. J’ai l’impression d’avoir pré-découvert le monde en suivant cette émission, que je ne ratais jamais le samedi après-midi.

Lorsque, commençant à travailler, j’ai pu avoir les moyens personnels de partir, je me suis mis à voyager. J’ai un souvenir merveilleux de 4 semaines de canoë au Canada, sur le fleuve Yukon. La photo avant et la photo après sont redoutables ! Les grands espaces me touchent beaucoup. La biodiversité aussi. La mer. Les fleuves. Les villages.

Alentejo - Portugal

Dans le florilège des endroits qui m’ont touché, il y a l’île de Vancouver, l’Alentejo, les Açores, le lac Titicaca. Et il y a aussi des paysages ou villes qui, s’ils me sont plus familiers, me parlent beaucoup aussi : le vieux Quimper, le Pays Bigouden, l’Alhambra de Grenade, la vallée du Rhin entre Bingen et Sankt Goar, les canaux de Bruges en hiver.