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Voilà près de 20 mois que je n’avais plus écrit sur mon blog. La séquence du printemps 2017, puis son dénouement électoral ont mis fin à un engagement public de beaucoup d’années. Plus de mandat et donc plus de blog. Cela me semblait aller de soi. La défaite est comme un deuil. Elle conduit au silence, au retrait et à la solitude. Tout cela, je l’ai vécu. Ecrire que ce fut simple ne serait pas juste. J’avais vécu une vie d’une intensité folle, parfois même déraisonnable, et tout d’un coup, je n’avais plus rien. Député, je courais de la circonscription à Paris et vice-versa. Les journées n’avaient pas de fin. J’accumulais les réunions, les séances de nuit, les conférences téléphoniques. Je me battais aussi pour préserver ma part de liberté et ce jardin secret qu’est ma famille. Dans les trains, dans les salles d’aéroports, dans mon bureau la nuit à l’Assemblée nationale, j’écrivais. J’écrivais même tout le temps, désireux de partager mes choix, mes interrogations, mes voyages, mes découvertes. Ecrire était devenu ma respiration. Et c’est ainsi que mon site de député, construit à l’été 2012, s’était mué en blog.


A l’été 2017, j’ai renoncé à cela. Une autre étape s’ouvrait et je n’en étais plus. Que ce soit dans la vie politique ou au sein de la formation dont j’avais été membre durant 30 ans, je me sentais hors-jeu. J’ai fermé mon blog. Ce n’est pas que je n’avais plus rien à dire, c’est que je pensais ne plus avoir mérite à partager des textes, des idées ou des récits comme j’avais pu le faire. Puis est venue quelques mois plus tard ma candidature au mandat de Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe. Ce fut la plus belle de mes campagnes, c’est aussi celle que j’ai perdue. Le 24 janvier 2018, au dernier tour de scrutin, j’ai échoué pour 4 voix sur 230. J’avais été moi-même, avec mon unité d’homme et de défenseur des droits. Le projet que je portais, c’était le mien. J’étais à livre ouvert. Je ne voulais pas qu’il y ait une différence entre le candidat que j’étais et le Commissaire que je voulais être. Droits de l’homme et climat, droits de l’homme et entreprise, droits de l’homme et big data, j’avais envie d’agir, de bousculer des certitudes, d’entrainer. Je ne calculais pas. C’était ma force et ce fut finalement aussi ma faiblesse.


Comment tourne-t-on la page ? En se projetant vers d’autres défis, en regardant devant. Je n’oublie rien des combats que j’ai menés. Je n’oublie pas non plus les moments difficiles. J’oublie moins encore ceux qui m’ont appelé. Ils n’étaient pas très nombreux. Car d’encouragements et de conversations sont venus des projets. Enseigner sur le climat et les droits fondamentaux, partager mon regard sur la Convention européenne des droits de l’homme, s’engager pour la protection de la nature et de la biodiversité. Et … retrouver mon vélo. J’ai avalé des centaines de kilomètres de VTT entre la Belgique, l’Allemagne et le Luxembourg. Sur la selle, dans la boue, sous la pluie, la neige ou le soleil du printemps, tout devient étrangement plus clair. Et un jour, cette question : pourquoi donc n’écris-tu plus ? Bonne question, que je redoutais de me poser. Après tout, il n’est pas besoin d’être « en situation » pour écrire. J’ai préparé une première tribune sur l’Europe pour Ouest-France. Et neuf autres ont suivi. Toutes ont bien marché. J’ai fini par en faire un petit livret. Il ne me restait plus alors qu’à retrouver mon blog.

Le voilà. Il est pour vous. Il est tout relooké (merci à mon ami Thomas di Luccio). L’avenir est à écrire, c’est son titre. C’était aussi celui de mon tout premier site il y a bientôt 10 ans. Tout en effet est à écrire, tout est à construire. Il n’en tient qu’à nous. Ce blog, ce sera un témoignage, des coups de cœur, de l’espoir, en un mot du positif. Et ce sera un lieu de débat. Ecrire, c’est en effet appeler des réponses, des critiques, des propositions et sans doute aussi, dans la chaleur de l’échange, quelques solides expressions fleuries empruntées à Michel Audiard ou à Antoine Blondin. J’y parlerai de mes passions (et donc de vélo). S’y mêleront la défense de la liberté, la volonté d’entreprendre, la soif d’égalité, l’exigence de solidarité, la responsabilité à l’égard des générations à venir, l’envie d’Europe. Il y aura des textes, des vidéos, des photos. D’ailleurs, je serai bientôt candidat au … concours de la Caja Rural de Granada pour glisser l’un de mes clichés dans le calendrier de la banque pour 2020. Il n’y a pas de petits défis. Il y a au contraire beaucoup d’idées et de rêves à partager. Mon blog me manquait. Je l’ai retrouvé. Il était temps de revenir.

12 commentaires

  1. clavaud

    merci Pierre Yves,
    dans ce moment de grand désarroi un peu de fraîcheur nous fera du bien.

  2. Francine Bougeon-Maassen

    quel plaisir de te lire à nouveau ! on attend impatiemment les épisodes à venir… Francine BM

  3. Bertrand Gosset

    je te relirai avec plaisir

Les commentaires sont fermés.