Pierre-Yves Le Borgn'

député des Français de l'étranger

circonscription Allemagne, Europe centrale et orientale

Voyage au Schleswig-Holstein (14-17 mai 2015)

Je me suis rendu du 14 au 17 mai dans le Schleswig-Holstein. Ce déplacement avait initialement été prévu au début mars dans la foulée d’un séjour à Hambourg, que l’engagement de la responsabilité du gouvernement sur la loi Macron m’avait contraint à interrompre pour rentrer rapidement à Paris. Profitant du week-end de l’Ascension, j’ai pu reprogrammer les étapes de Kiel et Lübeck et prendre finalement le temps qui, souvent, manque pour découvrir les villes et l’est du Schleswig-Holstein, que je connaissais moins bien que l’ouest, où j’avais suivi dans ma vie professionnelle passée les développements des parcs éoliens offshore de la Mer du Nord à proximité de Husum. La plupart de nos compatriotes installés dans le Land vivent autour de Kiel et de Lübeck. Quelques-uns sont également installés à Flensburg, à proximité de la frontière danoise.

 

J’ai visité le Centre culturel français de Kiel, où m’a gentiment accueilli sa directrice Catherine Rönnau. Le Centre existe depuis 1988. Le Land le voulait et la ville, qui prête gracieusement les locaux, y tenait. Bon an mal an, ce sont 500 apprenants qui passent par le Centre culturel, un très beau résultat dans un Land qui ne figure pas spontanément parmi les plus francophiles d’Allemagne. Il est davantage tourné vers la Scandinavie toute proche. Le Centre culturel traite annuellement 1800 DELF (diplôme d’étude en langue française). Par les cours et la programmation, Catherine Rönnau et son équipe accomplissent un travail remarquable au service de notre culture, que je soutiendrai au titre de ma réserve parlementaire pour 2016. J’ai pu découvrir sur les murs du Centre une très belle exposition de photographies d’artistes kielois intitulée « Les quatre visages de la France ».

 

C’est aussi au Centre que j’ai tenu ma réunion publique de compte-rendu de mandat, en présence de mon ami Nicolas Stallivieri, conseiller consulaire. Ce fut l’occasion de revenir sur les sujets les plus brûlants de l’actualité, notamment la suppression proposée des classes bi-langues dans le cadre de la réforme du collège en France, à laquelle je m’oppose pour des raisons que j’ai tenu à développer en cours de réunion et que l’on trouve en détails sur ce site depuis le mois de mars. J’ai également abordé différentes questions fiscales et sociales (CSG sur les revenus immobiliers des non-résidents, prélèvements sur les retraites complémentaires françaises en Allemagne, avenant à la convention fiscale franco-allemande) ainsi que sur le service public consulaire et le droit de la famille (conflits d’autorité parentale entre ex-couples franco-allemands et droit des successions).

 

A Lübeck le lendemain, j’ai rencontré d’autres compatriotes pour le même exercice, ajoutant aux thèmes abordés à Kiel ceux de la fin de vie, de la manifestation des volontés et de l’exercice du tutorat, sujets difficiles et cependant critiques lorsque l’on vit à l’étranger. J’ai eu plaisir à visiter Kiel, ville jumelle de Brest, dont la qualité de l’union est souvent vantée dans le monde franco-allemand. Je sais l’attachement de mes amis brestois, y compris des Brestois d’Allemagne, à leur ville partenaire. Il est dommage que le jumelage entre Lübeck et La Rochelle soit moins en vue. Comment ne pas être touché pourtant par la beauté du centre de Lübeck, classé au patrimoine commun de l’humanité par l’UNESCO ? A Lübeck, ville de 3 Prix Nobel (Thomas Mann, Günter Grass et Willy Brandt), l’histoire et la culture sont partout. J’ai eu plaisir, sous la conduite de Barbara et Gaston Teitgen, un couple de Français de la ville, à en découvrir les beautés et m’arrêter dans la maison de Willy Brandt. Un moment fort tant Brandt a marqué ma vie militante.

 

Je reviendrai au Schleswig-Hostein. Peut-être à l’occasion du prix du lycée de l’année, un très beau concours autour de romans français, auquel ont participé cette année 18 établissements scolaires du Land. J’en profiterai aussi pour m’incliner sur la tombe de Günter Grass à Behlendorf, où je n’ai pu m’arrêter cette fois-ci. 

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