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Pierre-Yves Le Borgn' Articles

Sous mon petit bonnet

Il y a deux semaines, j’ai tenu à Bruxelles la première séance de dédicaces de mon livre La Vie d’après. C’était un beau jour de la fin septembre. Dans la librairie qui m’accueillait se pressaient des amis et lecteurs, heureux d’échanger sur cette aventure littéraire et intrigués aussi par le petit bonnet gris vissé ce soir-là sur ma tête. Certains savaient, d’autres non. Pourquoi porter un bonnet alors qu’il faisait encore beau ? J’ai laissé venir les commentaires, l’air certainement amusé. Un truc de breton, le look du vieux loup de mer, une coquetterie d’auteur pour sa première, l’imagination m’a fait sourire, autant ce soir-là que sur les réseaux sociaux lorsque parurent les photos de la soirée quelques jours après. La réalité est que j’aurais préféré ne pas porter de bonnet, que les cheveux en pétard arborés en page de couverture de mon livre ou la petite houppe de Tintin qu’il m’était arrivé parfois de sculpter au gel m’auraient volontiers convenu. Je ne le pouvais juste plus. Je n’ai plus de cheveux. Depuis le mois d’août, je suis une chimiothérapie. C’est un combat intime, un tsunami personnel aussi. En cet octobre rose, je me suis dit que je devais partager mon histoire d’homme affrontant le cancer du sein.

J’ai 61 ans. Je ne suis plus un jeune premier, mais pas encore une vieille croûte non plus. En fin d’hiver dernier, je m’étais inscrit à toute une série de courses à pied et à vélo en Belgique. Je m’étais entrainé consciencieusement et lorsque vint le printemps, je me mis à enchaîner des résultats que je n’avais plus obtenus depuis 7 ou 8 ans. J’étais surpris et surtout très fier. Je me sentais dans une forme éblouissante et je me réjouissais déjà avec gourmandise de mes ascensions à vélo des cols des Vosges prévues pour juillet. Cette aventure cycliste malheureusement n’aurait pas lieu. A la fin du mois de mai, j’aperçus un matin dans le miroir de la salle de bains lumineuse de ma maman en Bretagne quelque chose d’étrange sur ma poitrine. L’un de mes mamelons était rentré. Portant instinctivement la main, je sentis une petite masse dure. Derrière l’autre mamelon, il n’y avait rien de tel. Nous devions partir le lendemain à Londres en famille pour une semaine. Je passai notre séjour britannique avec une inquiétude sourde. Au retour à Bruxelles, je vis mon médecin. Durant la palpation, son visage se figea. Il me fallait au plus vite faire une mammographie et une échographie. Dans mon esprit, il n’y avait guère de doute. J’avais lu que la rétractation du mamelon était un signe du cancer du sein.

La biopsie pratiquée à la mi-juin confirma que c’était bien un cancer. Je me souviens du tourment et de la terreur qui m’assaillaient les jours précédant le diagnostic. Redouter le pire, espérer encore un petit peu, seule mon épouse savait ce qui m’arrivait. Je ne souhaitais alerter personne, ne pas faire peur, protéger mes enfants dont l’année scolaire s’achevait. Après la biopsie et avant son résultat, par défi, je m’étais aligné aux 40 kilomètres à vélo du Brussels Ride. Avec mon fils Marcos, un peu comme dans un contre la montre par équipe, nous avions accompli un temps extraordinaire. Je pédalais avec rage, en me disant que j’étais sans doute malade, que je ne remonterais peut-être pas de sitôt sur mon vélo, et peut-être même plus jamais. Je me sentais perdu. C’était peut-être ma dernière course. Le diagnostic du cancer, curieusement, vint me libérer de toutes ces angoisses. Je savais désormais ce que j’avais et c’était important. Le mot était nommé. Surtout, une date d’opération était fixée avec un chirurgien dont l’humanité me toucha au premier regard et au premier mot. Les enfants partirent le lendemain en vacances chez leurs grands-parents, en Bretagne et en Espagne. Personne ne savait rien. J’avais un rendez-vous médical tous les 3 ou 4 jours. L’opération aurait lieu le 9 juillet. J’étais prêt.

Je me sentais cependant coupable de mentir par omission. De l’hôpital, j’assurai par téléphone à mes enfants qui m’interrogeaient sur l’étape du Tourmalet dans le Tour de France que j’avais été épaté par l’ascension du col par Tadej Pogaçar. La vérité était que j’étais sur la table d’opération à l’heure exacte de son passage au sommet. Après deux jours d’hôpital, je retrouvai la maison. La canicule était accablante. Je me reposais entre mes livres, le Tour et les derniers matchs de la Coupe du Monde de football. J’essayais de sortir chaque jour faire quelques pas. Il n’était plus question de courir. Je m’arrêtais toujours dans la fraicheur de l’église de la Trinité, à la recherche de la paix intérieure. Un peu moins de 10 jours après mon opération, suffisamment solide sur mes jambes, je pus prendre un train pour la Bretagne. Je voulais voir ma maman, tout lui raconter, la rassurer et sortir aussi de ce mensonge par omission qui me minait. La force de sa réaction me toucha. Elle fut aussi contagieuse. Je pouvais une semaine après prendre, rasséréné et au volant de mon auto, la route de la Galice pour y retrouver mes enfants et leur dire enfin. Plus que tout, il m’importait de pouvoir leur expliquer, les yeux dans les yeux, ce qui m’était arrivé et les apaiser. Ce serait une forme de libération.

Mes enfants sont formidables. Bien sûr, il y eut la surprise et aussi la crainte, mais je ne leur cachai rien, ni de ce que j’avais traversé, ni des raisons pour lesquelles j’avais voulu durant un long mois les protéger de cette nouvelle. Ils avaient mérité leurs grandes vacances d’été, pas mes misères et mes tourments. Je leur montrai même ma cicatrice. Il me faudrait vivre avec désormais. C’est une mastectomie que j’avais subie et ma poitrine ne serait plus jamais la même. Sous le soleil de Galice, j’appris peu à peu à apprivoiser cette cicatrice, à l’accepter, à la faire mienne. J’avais le droit de nager et les mouvements dans l’eau me firent le plus grand bien, comme plus tard dans la mer à l’Ile-Tudy. Au début, j’avançais timidement vers la piscine du club de golf de La Corogne, un drap de bain sur moi, inquiet que l’on me regarde. Cette crainte d’apparaître comme une bête de foire me poursuivit quelques jours avant que je ne me dise que je devais être plus fort que le présumé regard des autres. Le matin, je marchais le long de la mer et je pus même reprendre doucement la course à pied. Le retour du sport m’apaisait. Tant de choses se bousculaient pourtant dans mon esprit. J’avais peur de m’effondrer, personnellement, professionnellement. Que serait mon avenir ? La présence de ma famille me sécurisait.

Je ne devais pas initialement suivre une chimiothérapie. L’étude génomique de la tumeur prélevée montra finalement qu’une chimiothérapie adjuvante s’imposait. J’appris la nouvelle alors que nous roulions en famille de la Galice vers la Bretagne. C’était la mi-août. Le temps d’installer tout le monde à l’Ile-Tudy et d’accompagner mes enfants pour leur premier jour de voile, je sautai dans un train pour Bruxelles et ma première cure. J’en savais finalement si peu sur le cancer et ses traitements. Il me fallait devenir un étudiant du cancer, lire, interroger, chercher et lire encore. Je le fis et le fais toujours. C’est à l’Ile-Tudy que je vécus les effets secondaires de la première cure. Ce fut rude : les courbatures, les douleurs, les aphtes, une inflammation cutanée, la perte du goût et une insomnie d’une semaine. Je marchais difficilement. Je voulais profiter de ce coin de Bretagne si cher à mon cœur et je ne le pouvais pas vraiment. Je n’avais plus assez de forces pour partir à l’aventure comme chaque été sur mon kayak de mer. Au retour à Bruxelles, au début septembre, mes cheveux tombèrent et ma barbe aussi. En l’espace de quelques jours, il ne restait plus rien. Je ressentis une immense peine et un fond d’humiliation. Je savais que cela pouvait arriver. J’avais juste espéré que ce ne soit pas le cas.

La maladie fait partie de la vie et la guérison aussi. Le cancer met à nu, exposant le corps et l’âme. Je suis dans les mains d’une équipe de soignants formidables. Leur professionnalisme et leur gentillesse me bouleversent. Avec eux, j’ai retrouvé confiance et c’est précieux. A chaque cure de chimiothérapie, je sais que je vivrai quelques jours difficiles, puis que je remonterai la pente et qu’en troisième semaine, je pourrai même courir. Quand vient ce moment, je me risque sur le tapis roulant de mon club de sport, où des barres peuvent me permettre de me rattraper en cas de coup de mou. Je ne fais plus que 10 kilomètres par heure, mais c’est une belle petite victoire. Je compte aussi les bons moments, les sourires, les encouragements. C’est une amie portugaise, en traitement comme moi, qui me l’a recommandé : « Count the blessings », m’a-t-elle instruit. Je le fais. Nous nous parlons souvent, de nos soins comme aussi de l’avenir dans la même espérance. Je reçois des photos de ses marches le long de la mer à Lisbonne. Je lui envoie des photos des miennes dans les rues de Bruxelles ou sur la plage en Bretagne. Je lis. J’ai eu envie de redécouvrir la biographie de Pompidou. Je vais entamer l’œuvre de Roger Martin du Gard, Les Thibault. J’attends le soir avec bonheur le retour de Dolores et des enfants.

En 35 ans de vie professionnelle, je n’avais jamais été absent pour raison médicale plus de 10 jours, la faute à un Covid carabiné. C’est désormais un congé médical de 6 mois que j’ai. Cela m’apparaissait vertigineux en août. Je retrouverai le travail au début janvier. J’apprends dans l’intervalle à être un bon patient et cela requiert d’être … patient ! Ce n’est pas ma toute première qualité. Le cancer est l’opportunité d’une découverte de soi-même. Il n’est jamais trop tard pour changer un petit peu – en bien, naturellement. Dans quelques semaines prendra fin ma chimiothérapie. Une radiothérapie suivra avant le repos qui me conduira au retour à la vie active. Je sais que je reviendrai changé, endurci sans doute par l’épreuve traversée, plus humain certainement aussi. Le 25 octobre, je recevrai sous un petit bonnet les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur des mains de Bernard Cazeneuve. Ce sera à l’Ile-Tudy, chez moi dans le Finistère, ce village que j’aime depuis si longtemps, comme un clin d’œil du destin. Je devais être chevelu ce jour-là. Ce ne sera pas le cas, mais au fond cela ne compte guère. Ce qui compte, c’est la vie, la famille, les amis, celles et ceux qui, présents dans la salle ou par la pensée, me donneront la force de regarder devant. Je vivrai ce moment intensément.

Un jour viendra l’après-cancer. Je n’y suis pas encore, mais quatre mois après cette fin de printemps que je n’attendais pas, je me suis senti assez solide pour raconter ce qui m’est arrivé. Je crois à la valeur de la parole et du témoignage. Sur 100 cancers du sein, moins de 1% concernent des hommes. C’est rare, c’est si peu connu. Je reçois même de l’administration de l’hôpital des courriers s’adressant à Madame Le Borgn’ tant il est improbable que le patient que je suis soit un homme. J’en souris et les soignants avec moi. C’est aussi pour cela que j’ai voulu témoigner, en espérant que ce que j’ai écrit ici ne choquera pas. Il faut rompre le silence, la rareté de la parole, la crainte du regard des autres. C’est tellement important. Il n’y a pas de protocole de détection pour le cancer du sein de l’homme, mais il est des symptômes qu’il ne faut pas négliger. Ce matin de la fin mai 2026, dans la lumière de la salle de bains de mon enfance, j’ai eu la chance de voir quelque chose que je n’apercevais peut-être pas auparavant. Je le prends comme un signe. Je combats la maladie et je guérirai. J’aperçois dans mon garage mon vélo sur son socle, attendant la prochaine course. Cela me faisait de la peine il y a quelques semaines encore. Cela me fait envie désormais. En décembre, avant Noël, je pédalerai de nouveau.

A tous les soignants qui s’occupent de moi depuis le mois de juin, un immense merci !

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Quand s’en va l’été

Au Havre, 30 août 2026

Depuis plusieurs jours, il fait un temps resplendissant à Bruxelles. Un ciel bleu, pas de nuages ou si peu, c’est comme si l’été avait décidé de jouer les prolongations. Cela me rappelle ma lointaine jeunesse et Joe Dassin avec sa chanson L’été indien. Mes bermudas restent d’actualité et je m’en réjouis. Je ne souhaitais pas les ranger trop tôt. J’ai envie d’étirer la saison le plus longtemps possible, sachant qu’un jour, il faudra bien que l’automne belge nous rattrape. J’aime ce moment où tout reste encore possible, entre soleil et peut-être même un peu de chaleur, alors que l’été a officiellement pris fin. Le matin, j’accompagne mes enfants au bus pour l’école. C’est tôt, il fait un peu frais, mais sans plus. Le retour de l’école solde le temps des vacances, mais pas l’esprit de l’été. Peut-être est-il difficile en effet de travailler lorsque la lumière d’une belle journée s’aperçoit depuis la salle de classe. Depuis mon petit bureau sous les toits, je regarde les grands arbres qui me font face. Dans le parc près de ma maison, les marrons ont commencé à tomber, mais les feuilles ne s’en vont pas encore. Elles restent d’un vert ferme pour quelques semaines. C’est à l’approche d’Halloween que l’orange et le jaune viendront, et la pluie avec eux. Il nous reste un mois de répit.

Cela fait plus de trois semaines que nous avons retrouvé la maison. C’était un dimanche soir, notre voiture prenait le dernier virage au bout de la longue route pour venir se ranger sagement devant chez nous. La veille, nous étions encore à l’Ile-Tudy. Chaque année, le passage de l’Ile-Tudy à Bruxelles, de la mer à la ville, me surprend. Le bonheur de trois semaines auprès de l’océan prend fin, tardivement, comme si nous repoussions l’échéance. Nous sommes sur la plage pour le dernier bain, la dernière partie de ballon, le dernier coup de pagaie, et puis tout d’un coup vient le moment d’ouvrir les valises, de les remplir, de vider les placards et de faire provision de nos souvenirs. Le lendemain commence la route du retour. Le panneau de l’Ile-Tudy s’éloigne dans le rétroviseur. Au fond de la voiture, il y a toujours quelques larmes. Revenir d’une traite en Belgique est trop dur. Il reste le dernier déjeuner de crêpes avec Mamie, le moment de l’embrasser, la peine de la voir nous faire signe comme chaque fin de mois d’août depuis la pelouse de la crêperie. La voiture roule vers la Manche ou le Calvados, étape ultime du périple. Une musique douce nous accompagne. Elle a des accents de nostalgie. Les regards se perdent dans le paysage. La Normandie est belle et nous console.

L’année dernière, c’était Honfleur et aussi Villerville, un bonheur pour l’amoureux de Un singe en hiver que je suis. Cette année, ce fut Port-en-Bessin et Le Havre. Il nous faut voir quelque chose, un lieu, une plage, la mer, encore la mer avant de rentrer. Sur la route du retour, j’espère que septembre sera doux, que l’automne ne nous attendra pas trop tôt. Généralement, mon vœu est exaucé. Il est arrivé parfois aussi qu’il ne le soit pas vraiment. Mon ciré jaune de breton est là au cas où, dans l’entrée, lorsque je pousse la porte du retour. Je le préfère cependant en novembre, quand les feuilles jonchent le sol et que le deuil des beaux jours est fait. Il n’y a alors plus de regrets. Mais l’été, cette année, est encore là et c’est finalement le miracle. A l’Ile-Tudy, les marées d’équinoxe sont passées et les photos que j’aperçois sur les réseaux sociaux montrent quelques voiliers au large et quelques baigneurs dans les flots aussi. J’ai fait un saut dans le nord du Finistère la semaine passée. Les touristes étaient partis, mais pas le soleil. A Brignogan, j’ai eu la plage pour moi tout seul lors de mes marches du soir. Au restaurant, il restait une petite saveur des vacances.

C’est toujours comme cela quand s’en va l’été. Il y a ces derniers petits signes auxquels on se raccroche. La canicule est lointaine et on a si vite oublié combien la pluie redoutée fut, un temps, tellement espérée. J’ai juste rapproché les fauteuils de jardin d’un abri, des fois qu’elle vienne vraiment et qu’il faille détaler au plus vite. Je vais au jardin en fin d’après-midi, un mug de thé fumant et un bon polar en main. Ce furent d’abord les aventures du Commissaire Dupin, en français et en allemand. Ce sont désormais celles de Mary Lester. Jean-Luc Bannalec – ou plutôt Jörg Bong – et Jean Failler accompagnent ma fin d’été, pour l’un du côté de l’Aven, pour l’autre sur la Côte des Légendes. Depuis mon jardin, je me dis qu’il faudra que j’aille à L’Amiral à Concarneau manger la fameuse entrecôte grillée du Commissaire Dupin et qu’à Quimper, je retourne faire un petit tour Venelle du Paint-Cuit, là où vit Mary Lester et où je passais à l’âge du lycée. Ce sont mes bonnes résolutions de l’automne. Concarneau, Quimper, la Bretagne reviendra. Ce sera à la fin du mois d’octobre. D’ici là, j’ai envie de profiter des derniers beaux jours. Ce soir, je ferai près de chez nous la première séance de dédicaces de mon livre. J’en suis tout ému. Ce n’est pas rien. Le soleil m’accompagnera.

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Pour la gauche, le moment est gaullien

Dans six mois s’achèvera le mandat d’Emmanuel Macron. Les Français auront à élire celle ou celui qui lui succédera à la Présidence de la République. Cette élection interviendra dans un contexte redoutable pour la France, dont l’économie est à la peine et les comptes publics sont dans le rouge. C’est un pays en grande souffrance, sociale et morale, qui aura à faire un choix décisif en avril et mai 2027. Jamais depuis des décennies, le rendez-vous de l’élection présidentielle n’aura été aussi important. Comment donner un élan nouveau à la France, privée de majorité parlementaire depuis 2022 et singulièrement depuis 2024 et la dissolution rageuse de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron ? Comment répondre au sentiment de déclassement, d’insécurité et de peur qui mine des millions de Français ? Comment créer l’espoir, tracer un chemin de redressement qui rassure et qui rassemble le peuple français, diriger fermement le gouvernement, mettre en œuvre un projet qui fasse sens pour le pays par les résultats qu’il obtiendra au bénéfice de tous ? Tels sont les enjeux de l’élection présidentielle et des probables élections législatives qui suivront.

A ces élections, la gauche se prépare. Dans l’histoire de la Vème République, la gauche a emporté trois fois l’élection présidentielle : avec François Mitterrand en 1981 et en 1988, et avec François Hollande en 2012. C’était il y a très longtemps. Le rapport à la politique et à l’engagement partisan était différent. Les comportements électoraux étaient marqués d’une fidélité que l’individualisation de la société et les ressorts du dégagisme sont venus largement fracasser depuis. Les milieux populaires et les classes moyennes votaient à gauche. Ce n’est plus le cas. Le vote populaire est désormais incarné par le Rassemblement national. Pour diverses raisons, la gauche a failli et elle a déçu. Elle s’est recroquevillée sur un édredon électoral qui pèse au mieux 30% des voix dans un premier tour, bien loin des 40% des voix et plus qui avaient préparé les succès de François Mitterrand et de François Hollande. Le Parti socialiste, qui fut durant tant d’années le môle de la gauche et la force la conduisant au pouvoir, a vu les électeurs se détourner durablement de lui. La gauche s’est parcellisée entre chapelles et aventures, divisions feintes ou réelles, querelles nouvelles ou recuites.

Si les Français votaient au premier tour de l’élection présidentielle en cette fin septembre, ils qualifieraient Marine Le Pen et selon toute vraisemblance Jean-Luc Mélenchon pour le second tour. Ce match tant espéré par le Rassemblement national assurerait l’élection triomphale de Marine Le Pen avec près de 70% des voix selon toutes les enquêtes d’opinion. On peut en effet être un bon candidat de premier tour et un candidat calamiteux de second tour. Là est tout le malheur de la gauche. Par ses outrances, sa radicalité et ses obsessions, Jean-Luc Mélenchon est parvenu à se construire une réelle pelote, qu’il lui serait impossible de faire croître dans une hypothèse de second tour. Mélenchon fait peur aux Français. La violence, la haine, l’autoritarisme, l’antisémitisme d’atmosphère ne sont pas solubles dans le reste de la gauche et encore moins dans une part majoritaire de l’électorat. Le vote Mélenchon exprime certainement des convictions, mais constitue une voie politique sans issue. Ce n’est pas autour de Jean-Luc Mélenchon que se formerait un éventuel front républicain, mais autour de Marine Le Pen pour éviter que la gauche radicale arrive au pouvoir.

La vérité est que la gauche ne peut, au sens partisan du terme, remporter l’élection présidentielle du printemps prochain. Elle n’en a juste pas les forces électorales. Ses divisions la desservent, l’absence ou presque de travail sur l’évolution du pays, de la société française et du monde tout autant. Elle compte certes dans ses rangs des candidats sincères et de talent comme Raphaël Glucksmann, mais que le manque de moyens de son organisation oblige à s’abimer dans les chausse-trappes des primaires du Parti socialiste pour y gagner un incertain soutien. Les écologistes n’ont d’autre projet que celui du grand écart permanent entre La France Insoumise et les socialistes. Les communistes ont besoin de faire 2% à l’élection présidentielle pour ne pas disparaître. Tout cela ne construit pas la victoire. Le sentiment est que les candidats parlent aux candidats, beaucoup, souvent, tout le temps même, sans jamais s’adresser aux Français, à leurs difficultés et à la vraie vie. Les divisions surjouées alimentent le désintérêt, la colère et l’impuissance. Elles font par défaut le jeu de Jean-Luc Mélenchon et assurent ainsi le chemin de Marine Le Pen et de l’extrême-droite vers le pouvoir.

Mais si la gauche ne peut gagner l’élection présidentielle, elle peut en revanche contribuer à écarter le scénario de la victoire écrite de Marine Le Pen, dramatique pour la démocratie, l’Etat de droit et l’économie française. Il existe un espace républicain, du centre-gauche au centre-droit, duquel doit provenir celle ou celui qui devra devancer Jean-Luc Mélenchon pour battre Marine Le Pen au second tour. Cette candidate ou ce candidat devra aller chercher 25% des voix au premier tour pour se qualifier et avoir des chances de succès. N’attendons pas de la gauche partisane qu’elle soutienne pareille hypothèse, attendons de la gauche de l’idéal, des principes et de la fidélité républicaine, de millions d’électeurs effrayés par la probabilité du pire qu’ils le fassent courageusement, en responsabilité et sans mot d’ordre. Pour la gauche, le moment n’est plus aux calculs, il est gaullien. On ne peut se désintéresser de la France et de son avenir, accepter qu’un second tour oppose deux candidats qui ont en commun la haine de la liberté, le rejet de l’Europe et de la paix par le droit, la fascination pour les pouvoirs autoritaires, les dictateurs et les ennemis de la France.

Dans cet espace républicain, la voix de la gauche doit être entendue et prise en compte, aux côtés d’autres sensibilités politiques. La gauche, c’est l’école, c’est la laïcité, c’est la justice sociale, fiscale, environnementale, générationnelle, ce sont des comptes publics en ordre. Ces questions-là, loin d’opposer, doivent prospérer. Un rassemblement sincère requiert de marcher les uns avec les autres, les uns vers les autres. La sincérité de la démarche sera son meilleur atout. Il n’est plus temps pour les candidats dans cet espace de s’observer, de calculer et se jauger. Il est temps de s’élever et de présenter une incarnation, une candidature avec un projet de redressement pour le quinquennat et la législature à venir. La gauche doit en être, comme elle sut l’être dans les pires moments de péril de l’histoire de la République. Nous y sommes. Il en va de l’intérêt de la France, de son avenir. 2027 ne sera pas une année électorale parmi d’autres. Ce qui se joue cet automne est tellement plus important. Le choix est entre l’abandon, l’aventure, la ruine d’un côté, et le meilleur de la République de l’autre. A gauche, faisons le choix de la République et de la France.

Ce texte a été publié en allemand par la revue Dokdoc. Voici la version en allemand : https://dokdoc.eu/2026/09/22/fuer-die-linke-ist-jetzt-ein-gaullistischer-moment/

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Les dunes de l’Aber

C’est l’été et je cours au bord de la mer. Cela a commencé en Galice à la fin du mois de juillet et l’effort se poursuit désormais à l’Ile-Tudy et à Sainte-Marine. L’effort est d’ailleurs un bien grand mot tant le plaisir de courir dans l’air marin est là. C’est un bonheur que je retrouve chaque année et dont je ne me lasserai jamais. J’aime la douceur du vent, le soleil qui vient et les flagrances enivrantes des plantes et des fleurs qui poussent dans les dunes. J’éprouve un sentiment de sérénité, rassurant et enveloppant. J’ai arpenté pas mal de chemins marins dans ma vie, mais ce sentiment-là me ramène toujours vers un coin cher à mon enfance, la plage où nous allions en famille lorsqu’arrivait le mois d’août : l’Aber, dans la presqu’île de Crozon. De Quimerc’h, notre village, il y avait une trentaine de kilomètres. Nous passions par Rosnoën, le pont de Terenez, Tal-ar-Groas, avant d’amorcer la descente vers une étendue de sable qui, à marée basse, me paraissait aussi infinie qu’irréelle. Il y avait une île à gauche de la plage avec des ruines de fortifications qui faisaient naître dans mon esprit d’irrésistibles rêves de châteaux. Avec les cousins de mon âge, nous nous y étions parfois aventurés, dans un esprit de Club des Cinq, au risque parfois de quelques éraflures et piqûres de chardons. C’était le prix de l’héroïsme estival et enfantin.

Pour aller jusqu’à l’île, nous remontions la plage. De là me vient ce souvenir puissant des flagrances des plantes et des fleurs des dunes. Tout me paraissait immense : les lieux, la mer, le soleil, nos passions et nos rires. Lorsque la mer se retirait, il fallait marcher loin pour la retrouver. Nous remplissions des seaux de petits coquillages trouvés dans le sable que nous ne mangerions jamais. Nous les rendions à l’océan au moment de partir. Et lorsque la mer montait, nos modestes châteaux de sable ne résistaient guère aux rouleaux de la Baie de Douarnenez. Ce furent des années durant des bains vivifiants. Nous ne nagions pas vraiment, nous sautions dans les vagues, plongions à travers elles, tout heureux d’apparaître de l’autre côté sans savoir qu’une autre vague nous ramasserait juste après et nous ferait glisser vers le rivage. La plage n’était pas surveillée et nous étions attentifs, instruits par nos parents de rester prudents. Un jour, j’eus la grande peine de voir s’envoler le bateau gonflable précieusement gagné dans une station-service Fina. Il fila, poussé par un coup de vent soudain, et je n’eus pas la force de nager après lui. C’eut été dangereux. Je le voyais partir devant moi, dans ses couleurs bleues, rouges et blanches, sans pilote. Je l’ai longtemps imaginé en route vers l’Amérique.

La plage de l’Aber a été mon théâtre d’été joyeux. C’est à l’Aber que j’ai appris à jouer au volley. C’est aussi à l’Aber que j’ai appris à jouer à la pétanque, avec des boules certes plastifiées, mais un authentique cochonnet dont nous n’étions pas peu fiers. Je n’étais brillant ni au volley ni à la pétanque, mais l’important était de participer. Gagner n’avait pas grand sens, rire en avait beaucoup plus. Il m’arrivait aussi d’aller fureter dans la dune seul, lorsque les adultes s’étaient assoupis. J’allais à travers les sentiers que je connaissais vers le petit ruisseau qui se jetait dans la mer à la hauteur de l’île, l’esprit et l’imagination en éveil. Ces promenades improvisées me ravissaient et elles duraient parfois un petit temps. Je revenais souvent avec une petite pierre, un petit galet, quelque chose à montrer tel un trophée. Mes escapades contemplatives étaient pardonnées. Sur la plage, le bonheur l’emportait sur l’autorité. Il y avait dans notre petit groupe familial trois générations, dont un grand-oncle qui mettait autant d’attention à montrer qu’il excellait dans les vagues qu’à ne pas y perdre ses lunettes. Il y avait aussi les oncles et les tantes, les sportifs avec les ballons et ceux qui préféraient les serviettes d’éponge et le bain de soleil. Et les cousins qui n’attendaient que le signe de jouer jusqu’à la fin du jour.

Ces souvenirs ont une bonne cinquantaine d’années désormais. Certains acteurs de la plage ne sont plus là, mais j’aime les retrouver en écrivant ces lignes et en pensant à eux. Avec les cousins, nous avons ces souvenirs en commun. Il y a des lieux qui sont à jamais des repères dans une vie et l’Aber a cette force pour moi. A tel point d’ailleurs que j’y associe le souvenir d’une grande-tante qui, pourtant, ne s’y rendait jamais. Elle n’aimait pas trop la mer. Elle nous attendait au retour à Quimerc’h, curieuse de savoir ce que nous y avions fait, en bien et certainement un peu en cachette aussi. Elle attendait nos réponses l’air sérieux, une tapette à mouche à la main, aplatissant sans merci sur la toile cirée le malheureux volatile qui passait en cours de conversation avant de l’expédier d’un brillant revers à destination du sol déjà encombré par d’autres insectes passés à trépas. La tante n’aimait pas les mouches. Il fallait éviter de se prendre les cheveux dans le ruban collant suspendu au plafond en quittant sa cuisine. Mais elle nous faisait rire, un peu parce qu’elle en avait envie et plus souvent aussi malgré elle. Elle nous parlait abondamment de sa plantation d’échalotes en haut du jardin, son pendant estival de nos aventures à l’Aber. Et comme la tante avait du charisme, toute la famille parlait d’échalotes.

Je n’ai pas encore été à l’Aber cet été. Il me reste deux semaines. Sur la plage vivent mes souvenirs. J’ai besoin de les retrouver. Les dunes de l’Aber ont été pour moi bien plus que des dunes. Elles ont été un passage, un éveil, une transmission, une expérience pour longtemps et finalement pour toute une vie. Il m’est arrivé d’y emmener mes enfants lorsqu’ils étaient plus jeunes, visitant le Finistère d’une pointe et d’un cap à l’autre. Sans doute est-ce parce qu’ils étaient trop jeunes que je ne leur ai pas encore tout raconté de ce que ce lieu signifie pour moi. La photographie de la page de couverture de mon blog les y montre pourtant, courant après un ballon. Marcos avait 7 ans et Pablo 5 ans. C’était une fin octobre, c’était joli, mais le plus beau ciel de l’Aber, c’est celui du mois d’août, lorsque les couleurs violettes du soir annoncent les dernières semaines de l’été, celles que j’ai toujours trouvées les plus belles. Je devrai leur raconter tout cela. J’ai un rêve, un espoir : que la crise climatique n’abime pas l’Aber, que la cupidité immobilière ne vienne pas souiller un paysage merveilleux et que cet espace unique qui habite tendrement mes souvenirs et mes rêves depuis tant d’années demeure pour les générations à venir. La beauté fait la force des images et des histoires que je veux partager.

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Pour la République

Marine Le Pen a annoncé hier soir sa candidature à l’élection présidentielle du printemps 2027. Plus tôt, dans une étrange journée dont il faut souhaiter que l’histoire politique et judiciaire conserve toute la mémoire, la Cour d’appel de Paris l’avait reconnue coupable de complicité de détournement de fonds publics à hauteur de plus de 2,8 millions d’euros dans l’affaire des assistants parlementaires des députés européens du Front national. La Cour d’appel, comme le Tribunal judiciaire de Paris l’an passé, a confirmé la gravité des faits. Elle a cependant réduit la peine infligée à Marine Le Pen, en particulier sur l’inéligibilité, qui passe de cinq ans avec exécution provisoire à 45 mois, dont 30 mois avec sursis. Surtout, la Cour d’appel a considéré que les 15 mois fermes couraient depuis le jugement de première instance le 31 mars 2025. Au 1er juillet 2026, la peine d’inéligibilité a donc été purgée. La Cour d’appel a choisi ainsi de botter en touche, consciente du reproche d’ingérence dans la vie démocratique qui lui serait revenu en boomerang si elle avait confirmé les peines prononcées en première instance. Ce faisant, elle a renvoyé très habilement à Marine Le Pen et à elle seule le soin de décider de sa candidature à l’élection présidentielle.

La réalité du jour d’après, c’est bien celle-ci en effet. Marine Le Pen, entre déni et vanité, s’est engouffrée dans le trou de souris que lui offre le pourvoi en cassation. Dans l’attente de l’arrêt de la Cour de cassation, le port d’un bracelet électronique pour un an ne s’appliquera pas à elle et elle pourra donc faire campagne librement. C’est une prise de risque maximale pour elle et son parti, mais aussi pour la France. Et si la Cour de cassation rejetait son pourvoi au début de l’année 2027 ? Que se passerait-il politiquement si le bracelet électronique devait lui être posé durant la campagne, limitant largement ses déplacements ? Et si une candidate sous bracelet électronique accédait à l’Elysée ? Marine Le Pen a choisi d’intimider la Cour de cassation et d’engager avec elle un bras de fer qui n’a rien de subtil : vous n’oserez pas confirmer le jugement d’appel en raison de l’élection présidentielle, vous n’oserez pas affronter la prochaine Présidente. C’est une guerre au pouvoir judiciaire, à sa liberté, à son indépendance et plus largement à la République. Cela rappelle ce qu’est l’extrême-droite malgré les façades opportunément ripolinées : le rejet de l’Etat de droit demeure tripal et le peuple est instrumentalisé face aux juges dans le but de les effacer.

Politiquement, ce qui s’est passé hier redistribue considérablement les cartes. Exit Jordan Bardella, renvoyé à un improbable ticket par sa patronne, qui en avait certainement mesuré toutes les limites durant ces derniers mois où il s’était vu trop beau. La dérive par rapport aux fondamentaux frontistes et RN était de plus en plus apparente, notamment sur la question sociale. Le retour de Marine Le Pen relègue la possible union des droites que Bardella, avec le soutien des médias de l’empire Bolloré, tentait de faire infuser. Marine Le Pen est une candidate plus solide, plus charpentée, plus couturée également que Jordan Bardella. Elle rassemblera son électorat plus fidèlement. Elle mordra moins aussi sur cette partie de l’électorat LR que Bardella, par porosité politique, pouvait séduire. Que feront désormais la droite et Bruno Retailleau ? A 9 mois de l’élection présidentielle et en l’état actuel de l’opinion, cette question est centrale. Bruno Retailleau peut récupérer les électeurs qu’un vote en faveur de Jordan Bardella pouvait tenter, sans cependant approcher de la qualification au second tour. Il peut aussi, alternativement, envisager que cet électorat qu’il aura convaincu se rallie à une seule incarnation dans l’espace politique de la droite et du centre.

L’extrême-droite combat la démocratie depuis toujours. L’affaire des assistants parlementaires du Front national n’est pas anecdotique. Sa gravité révèle un état d’esprit et une culture d’impunité. L’extrême-droite n’est pas soluble dans la République. Elle n’est pas un adversaire parmi d’autres, elle en est l’adversaire. Seule une candidature issue de l’espace central, de gauche à droite, avec une culture de gouvernement et de responsabilité, peut battre Marine Le Pen. Cela requiert que l’offre politique soit resserrée. A ce jour, la somme des intentions de vote d’Edouard Philippe et de Bruno Retailleau pèse près de 30%. Les intentions de vote pour Marine Le Pen se situent aux alentours de 32%. L’écart est faible et dessine un match de second tour bien plus jouable que si Edouard Philippe se qualifiait avec 18% des voix. Dans l’hypothèse où il serait devancé par Jean-Luc Mélenchon, la victoire de Marine Le Pen, malgré le bracelet électronique et une condamnation définitive, serait assurée. C’est pour cela qu’une candidature de gauche est plus que jamais nécessaire dans cet espace. La radicalité est une redoutable illusion à l’épreuve des faits. Ce n’est pas par le verbe haut et les dérives les plus condamnables que l’on protège la promesse républicaine, c’est par l’idéal, le concret et l’action.

L’élection présidentielle est par nature dynamique. Une belle campagne peut changer les choses à gauche et au centre. L’histoire politique l’a parfois montré. La capacité de convaincre demeure, si tant est que l’on prenne en compte les réalités et les écueils plutôt que de les nier par aveuglement partisan ou aventure personnelle. Nous avons un pays en grande souffrance, une panne politique redoutable depuis deux ans qui empêche le déploiement de toute action publique de long terme au moment où les défis se multiplient (adaptation climatique, industrialisation, modèle social, sécurité, endettement). Il faut à la France un gouvernement de la République qui gouverne solidement sur la longueur d’un quinquennat et d’une législature. Voilà tout l’enjeu de l’élection présidentielle dans 9 mois, qui requiert bien plus qu’un simple front républicain de second tour, réflexe du passé et réflexe dépassé aussi. Face à Marine Le Pen, dans l’espace de gouvernement, de gauche à droite, un rassemblement doit s’envisager, sincère et utile, pour un projet de redressement qui réponde par la preuve et dans l’action aux attentes des Français. C’est possible. La division est mortifère. Au-dessus des préférences et des convictions, il y aura toujours la République et l’avenir de notre pays.

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