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Mois : juillet 2021

C’est arrivé près de chez nous

Ce mois de juillet qui s’achève aura été le théâtre d’évènements climatiques redoutables et dramatiques. Les inondations en Belgique et en Allemagne ont fait des centaines de victimes et causé des dégâts immenses. Vivant à Bruxelles, familier des régions affectées en Wallonie et en Rhénanie, je reste encore, dix jours après cette catastrophe, largement sidéré par ce qui s’est passé, par la soudaineté, la violence et la force irrésistible de ces évènements, et par leurs conséquences terribles, inscrites à jamais dans les cœurs, dans les paysages et dans la mémoire collective de notre bout d’Europe. Pourquoi ? Sans doute, sûrement même, parce que c’est arrivé près de chez nous. La crise climatique, rares sont ceux aujourd’hui qui l’ignorent ou en contestent encore l’existence. Des tas d’images l’illustrent, mais elles sont souvent perçues comme lointaines. Le dôme de chaleur en début de mois de juillet, phénomène météorologique terrible, était dans l’ouest canadien. L’idée que le dérèglement climatique, c’est qu’il fait juste un peu plus chaud, que la mer monte et que les catastrophes sont ailleurs a été rudement démentie par ce que nous avons vécu entre Ardenne et Eifel. La vérité est qu’il n’existe aucune région, aucune géographie que la crise climatique ne menace pas.

Quelques voix se sont élevées pour s’émouvoir que l’on attribue à cette crise les évènements de juillet. On se demande bien pourquoi. Il y avait certes des tempêtes, des sécheresses et des canicules avant que le climat ne se dérègle, mais elles n’avaient ni cette ampleur, ni cette récurrence. Elles mettent au défi la résilience de nos sociétés et leur capacité à prévenir et affronter des risques naturels majeurs. Nous n’y sommes pas vraiment. L’urbanisation, l’artificialisation des sols, la gestion des cours d’eau et des barrages sont, pour le cas de la Wallonie, une réelle interrogation. Il faut souhaiter qu’une enquête, une mission d’information ou tout travail sincère et exhaustif, entre Belgique et Allemagne, revienne sur l’enchainement des évènements et sur ce que cette catastrophe nous aura malheureusement appris. Le but est de préparer l’avenir, de mieux nous protéger, d’intégrer le risque climatique au centre de toutes les politiques publiques. Cela vaut pour tous les pays, toutes les régions, toutes les communes. Et en parallèle, bien sûr, la mobilisation de tous les acteurs pour la mise en œuvre de l’Accord de Paris afin de rester sous une augmentation de 1,5 degré de la température terrestre d’ici à la fin du siècle doit plus que jamais s’intensifier.

Affronter la crise climatique requiert courage et vision, une capacité à accepter la réalité et à s’élever au-delà de tout calcul. Ce mois de juillet, là aussi, est illustratif. Exit en France le projet d’insérer la lutte contre le dérèglement climatique et la préservation de l’environnement à l’article 1er de la Constitution de 1958. La droite, majoritaire au Sénat, s’y est opposée. Elle craignait que l’emploi du verbe « garantir » dans la rédaction nouvelle de l’article 1er conduise au développement de la justice climatique en raison de l’obligation de résultat qui pourrait en résulter. Or, c’était précisément ce qu’il fallait souhaiter. La justice climatique est essentielle pour gagner le combat pour l’avenir de la planète, non pour clouer au pilori tel industriel ou tel politique et y trouver une quelconque jouissance, mais pour obtenir les changements de cap nécessaires. On n’affrontera pas utilement le défi du climat en roulant avec le frein à main. La traduction législative des propositions de la convention citoyenne sur le climat aura aussi été largement en dedans et c’est cette fois le fait de la majorité. Il y a tellement mieux et surtout tellement plus à faire. Une voix autorisée vient de le rappeler : le Conseil d’Etat, qui a mis le gouvernement français en demeure d’agir. Il faut l’entendre.

Le jour où se déchaînaient si tragiquement les éléments en Belgique et en Allemagne, la Commission européenne présentait une série de propositions législatives visant à permettre à l’Europe de réduire de 55% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2030 et d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Ces propositions sont courageuses. Il est question de refondre le marché du carbone pour en augmenter le prix, d’y intégrer des secteurs qui n’en sont pas comme le transport et les systèmes de chauffage, de mettre en place aux frontières de l’Union une taxe carbone qui protège les entreprises européennes d’une concurrence dispensée de telles obligations. Tout cela est nécessaire. J’ai la conviction que tout doit reposer sur un prix élevé du carbone dans le cadre de mécanismes de marché, qui oriente l’économie et les entreprises vers des investissements décarbonés. Encore faut-il pour cela prendre en compte l’impératif de justice sociale. La précarité énergétique et l’inégalité devant les transports concernent en effet des dizaines de millions d’Européens. L’acceptabilité et la réussite d’un tel plan dépendra de ce que financera le fonds social pour le climat annoncé par la Commission européenne et de la mobilisation dédiée des crédits du plan de relance européen.

Le combat contre la crise climatique est aussi celui de la justice sociale. On ne sauvera pas la planète en creusant les inégalités. Nous ne sommes pas égaux face aux aléas du climat, pas davantage que nous ne le sommes face aux solutions envisagées. Dans l’aménagement de nos territoires, au moment d’apprendre d’évènements dramatiques tels que ceux vécus en Belgique et en Allemagne et d’en tirer tous les enseignements, c’est d’abord vers les plus précarisés et les plus humbles de nos sociétés que l’effort doit porter. Ce sont eux qui, en proportion, vivent dans des passoirs thermiques, habitent dans des endroits davantage exposés aux risques, galèrent chaque jour pour se rendre au travail et pâtissent de choix urbains remontant parfois à très loin. Rien de cela ne peut être ignoré car tout se passe, là aussi, près de chez nous. Le pouvoir d’achat est au cœur des politiques climatiques à (re)penser et à mener. C’est l’un des enseignements que je partage chaque année avec mes étudiants dans l’atelier juridique que j’anime à l’Ecole de droit de Sciences-Po à Paris. Il n’est pas encore trop tard, mais l’horloge tourne et elle n’est pas en notre faveur. C’est une question d’avenir, de vie, de justice, de progrès, d’espoir. D’éveil et de dépassement, de foi en le génie humain. Et d’union dans l’action.

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Une nouvelle étape

L’été est la saison du repos, des vacances, des retrouvailles, des petits bonheurs, et Dieu sait combien, après ces longs mois rudes et douloureux au cœur de la crise sanitaire, nous en avions tous tellement besoin. Les plus anciens (très anciens, même) se souviendront des paroles de cette chanson du groupe Elégance d’il y a près de 40 ans : « Vacances, j’oublie tout, plus rien à faire du tout, j’m’envoie en l’air, çà c’est super, folie légère… ». Quelque part, ce souvenir irrésistiblement vintage n’est pas loin de vivre une seconde jeunesse, au risque cependant que la progression inquiétante du variant Delta ne ramène tout le monde à la réalité sous quelques semaines si la vaccination, voire l’obligation vaccinale, ne s’imposait pas davantage. Au fond, nous vivons l’été de tous les bonheurs et aussi de tous les dangers. Mais l’été, c’est également le temps de la réflexion et peut-être des changements, nourris par la pandémie, par les crises profondes que nous traversons, économiques, sociales et climatiques, par le besoin de se protéger et l’urgence d’agir aussi. Au cours des mois écoulés, cette réflexion s’est peu à peu imposée à moi, bousculant certitudes et perspectives, et elle m’a conduit récemment à la décision de reprendre des fonctions dirigeantes au sein d’une belle organisation européenne.

Il y a 4 ans, je quittais la vie publique sans le moindre horizon, sinon celui de retrouver les miens. Cadre du secteur privé international durant près de 20 ans, je n’avais ni statut ni garantie de retour à l’emploi. Et de fait, de retour à l’emploi, à tout le moins salarié, il n’y en eut point. Trop vieux, telle était la réalité crue des entretiens que j’avais pu avoir avec plusieurs chasseurs de tête. Et trop jeune, cette fois de mon point de vue, pour vivre ma vie comme un pré-retraité. Pour rebondir, je décidai de fonder ma propre entreprise, entre conseil en développement durable et enseignement des droits fondamentaux. Rien de cela ne fut simple. Pendant des mois, je ne me suis pas payé. Je me souviens de ces 2 ou 3 semaines durant lesquelles il ne restait plus qu’une centaine d’euros sur le compte de l’entreprise. Je me suis battu, j’ai tenu bon, je suis allé à la recherche de clients et j’ai réussi. Ceux qui m’ont fait confiance, qui ne me connaissaient pas et qui sont devenus des amis, savent qu’ils pourront toujours compter sur moi. Les mains qui se tendent sont précieuses, plus encore quand elles sont rares. La pandémie aurait pu me couler. Elle a au contraire décuplé ma volonté. Et de premiers mois sur le fil, ma petite entreprise est devenue florissante. C’est pour moi une immense fierté.

J’ai aimé ce que j’ai fait comme entrepreneur et enseignant. Nombre de projets sur lesquels j’ai collaboré prennent vie. Ils sont concrets, ils créeront de la valeur, de l’emploi. Ils feront du bien à des villages, à des communautés … et à la planète. Rien n’est plus passionnant que d’être dans le faire et d’y investir son temps, sa passion et aussi ses sous. Et rien n’est plus motivant que de convaincre, de transmettre, de passer le témoin. Cela a été le privilège des ateliers juridiques et des cours que j’ai animés sur la crise climatique et les droits fondamentaux, essentiellement à l’Ecole de droit de Sciences-Po Paris. Sur le terrain, dans des endroits parfois perdus, dans une salle de classe ou un amphithéâtre de fac, je me suis découvert des passions et une volonté qui sans doute existaient, mais que je n’avais juste jamais explorées, parce que je n’en avais jamais eu besoin. Si tant est qu’une défaite électorale est un revers de vie, ce revers-là s’est avéré in fine être une chance pour moi. Je me suis remis en cause, et il le fallait pour ne pas disparaître, « pour ne pas crever », comme l’écrit Manuel Valls dans son dernier livre. Je me le devais à moi-même, mais plus encore à ma famille et en particulier mes enfants. Il y avait une histoire à écrire, un enthousiasme à ressusciter. J’y suis allé.

Entrepreneur, je le suis désormais pour le reste de mes jours. Etait-ce cependant la dernière étape ? Je l’ai pensé, avant que la pandémie n’ébranle cette perspective. En 2 ans, j’ai fait 50 000 km seul en voiture, passant les frontières dans les limites des législations nationales, accumulant des dizaines de tests PCR et autant de laissez-passer et autorisations au nom d’un motif impérieux : mes missions, faute de quoi ma petite boîte disparaitrait. Aucune d’entre elles n’était proche de chez moi. Roulant parfois à plus d’heure, il m’est arrivé de me faire peur tant j’étais consumé de fatigue. Il n’y avait plus de trains, plus d’avions, plus d’hôtels. Je n’avais aucun filet de sécurité. Il fallait tenir. Combien de temps pouvais-je vivre à ce rythme en frisant ainsi le danger ? Sur ces longues distances, j’ai pris conscience aussi que les gens, les groupes me manquaient. Arrivé à bon port, j’aimais plus que tout les rencontres, les réunions, les débats. Et puis je rentrais chez moi vers la douceur de mon petit bureau, mais également sa solitude. Une chose, enfin, avait fini par me tracasser : être reconnu pour mon passé, notamment parlementaire. Devais-je me faire à l’idée d’être défini pour ce que j’avais été et moins (ou même pas du tout) pour ce que je suis ou ce que je pourrais être ?

Telles furent les interrogations de ces mois écoulés. Il me fallait une autre étape. Je me suis posé la question du retour à la vie publique. Je l’ai envisagé, avant de comprendre que les circonstances de celui-ci n’étaient pas réunies. En vérité, ce n’est pas la parole politique ou l’exposition personnelle qui m’importait réellement, mais l’action et le résultat pour les causes qui me tiennent le plus à cœur : le progrès partagé, l’emploi, l’environnement, le climat, les droits, l’Europe. Il y a tellement d’autres endroits où l’on peut faire la différence pour ces causes et contribuer à construire un avenir meilleur. Il y a l’entreprise, la société civile, les organisations. En fin de printemps, le hasard, la chance et sans doute une petite part de destin m’ont mis sur le chemin du Comité européen de normalisation (CEN) et du Comité européen de normalisation électrotechnique (CENELEC). C’est le CEN CENELEC que je rejoins comme Director, Governance & Membership, et bras droit de la Directrice-Générale Elena Santiago Cid. L’harmonisation des normes nationales en Europe est un enjeu considérable et nécessaire. J’en parlerai dans un autre post. Cet été est la saison du tuilage, de la découverte des défis qui m’attendent. Je serai à mon poste, « full speed ahead », le 1er septembre.

Voilà ma nouvelle étape. J’y viens avec mon expérience, mon histoire, ce que j’ai appris, et notamment au cours des toutes dernières années. Je suis prêt. Il n’y a pas d’âge pour les défis, il y a l’envie, la volonté de changer les choses, d’agir, de fédérer, de réussir. J’aime les dossiers touffus, complexes, dans lesquels on plonge longtemps et résolument, ces dossiers qui requièrent bien sûr de l’expertise, mais aussi du contact et des relations humaines. Je me réjouis de travailler avec des collègues passionnants. Et aussi de travailler différemment d’avant, parce que la pandémie a changé tant de choses. Le télétravail ne m’éloignera pas tous les jours de mon petit bureau cosy sous les toits de Bruxelles, de mes cours de droit, ni de la Bretagne que je continuerai de retrouver régulièrement avec bonheur. C’est un équilibre de vie que le temps d’après dessine et comme tant d’autres, je m’y inscris avec beaucoup d’espoir. Lorsque je suis entré dans la vie professionnelle il y a une trentaine d’années, j’avais dans l’idée que les parcours étaient souvent linéaires. L’expérience m’a montré que c’était plutôt l’inverse. Mon parcours a été une succession d’étapes, d’ascensions et de succès, mais parfois aussi de moments difficiles et de peines. De cela, je n’oublie rien. J’apprends. Tout est encore à écrire.

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Les grandes vacances

Ce matin, mes enfants ont pris le chemin de l’école pour la dernière fois. Je les ai vus filer, l’esprit joyeux, les cartables légers. Dans quelques heures retentira l’ultime sonnerie, celle de la liberté et des grandes vacances. Les portes de l’école s’ouvriront et le ciel bleu de Bruxelles annoncera enfin ces deux mois de jeux, de soleil et de bonheur qu’ils ont tant attendus. Ce sera le moment de dire au revoir aux copines et aux copains, de ranger les cahiers et les livres d’une année, de boucler les valises et de se préparer au départ. Demain matin, l’avion pour l’Espagne décollera. Madrid, puis la Galice, ce seront les retrouvailles avec les grands-parents, los abuelos, embrassés la dernière fois un jour d’août 2020 sur un trottoir de La Coruna. Nous devions les retrouver chez nous en Belgique à l’automne. Il n’en a rien été. Les vagues successives de Covid sont passées par là. Une année sans grands-parents, une année à attendre, à espérer, à avoir peur aussi, pour eux, pour nous. Dans une petite vie, une année, c’est long. C’est même une éternité. Ces grandes vacances auront une saveur particulière, celle des retrouvailles, du soulagement et de la vie d’après. Car en un an, on grandit aussi. Il y a l’âge, mais également l’épreuve d’une année si particulière, vécue sous cloche, et qui a changé mes enfants.

Que reste-t-il de l’innocence lorsqu’une telle épreuve surgit ? Dans notre bulle, je me suis attaché à protéger leurs rêves, à leur parler de la vie, des temps anciens et de l’avenir comme si rien ne se passait. Mais le Covid était partout. Il y a tant de choses qu’ils souhaitaient faire et que nous n’avons pu réaliser. Comme bien des parents, nous nous sommes adaptés aux contraintes, nous avons géré la classe à la maison, nous avons organisé tant bien que mal ces semaines et ces mois durant lesquels sortir était devenu si difficile. Je me souviens de la Toussaint à l’Ile-Tudy, de quelques jours de repos au bord de l’Atlantique qui devinrent deux semaines hors du temps, les confinements belges, puis français nous ayant pris par surprise. Un jour, il n’y eut plus personne sur la plage sinon Marcos, Pablo, Mariana (et beaucoup de mouettes aussi). Le matin, c’était la classe à distance et l’après-midi la construction des châteaux de sable sur la plage déserte. Notre mamie bretonne venait en auto avec les brioches, partagées face à la mer, derrière les masques. Le soir, je retrouvais sur ma table de chevet, dans un petit pot de yaourt, quelques plantes sauvages coupées sur la dune. Il y avait la solitude et la douceur, la crainte et le sentiment que parce que nous étions ensemble, tout irait bien malgré tout.

Autant qu’il était possible, au Nouvel An à l’Ile-Tudy (de nouveau), puis dans les Ardennes en hiver et au printemps, lorsque passer une frontière n’était plus possible, nous avons transporté notre bulle au bord de l’océan ou au cœur de la campagne. Il fallait respirer, courir, jouer, tromper en un mot ce huis-clos obligé loin de nos familles espagnoles et françaises. Tant de livres ont été lus, de films regardés et de parties de foot disputées, sur une plage ou dans un champ, avec deux buts gonflables qui nous accompagnent désormais partout. Pagnol, de Funès et Mbappé sont devenus les compagnons de mes enfants, leurs héros ultimes de confinement, ceux qui les ont fait rêver, rire et jouer, ceux dont ils se souviendront longtemps aussi lorsque le Covid sera devenu un bout d’histoire. Que retiendront-ils ? Sans doute la crainte qui s’empara de nous lorsqu’à l’approche de Pâques, le Covid entra dans notre bulle et nous conduisit à l’isolement le plus total. Toutes ces précautions auxquelles nous nous pliions depuis des mois n’avaient pas suffi à le tenir à distance. Nous avons tenu bon. Le courage de mes enfants m’a beaucoup marqué. Avec leurs mots et bien plus que nous l’imaginions, ils avaient compris la situation, le devoir de respecter les règles, l’importance d’être là les uns pour les autres aussi.

Rien n’est encore gagné. La pandémie rode toujours, malgré la vaccination. Mais les câlins des retrouvailles de l’été seront au rendez-vous. Il le faut. Il faut retrouver cette part de liberté, l’esprit des étés d’avant, l’insouciance qui fait l’enfance et qui construit aussi les souvenirs, les bons souvenirs. Il y aura la mer, la natation, le golf, le vélo, la voile, le foot, les livres. Je poursuivrai mes évocations de Marcel Pagnol, glissant de La Gloire de mon père et du Château de ma mère au Temps des secrets. J’ai promis à mes enfants un voyage sur les traces de Pagnol en Provence. Ils attendent cela. Ce voyage sera un remerciement pour eux, celui d’avoir été courageux et aussi de nous avoir inspirés. Il faut remercier les enfants. Il m’est arrivé parfois de le leur dire, un soir, une nuit. Heureusement qu’ils étaient là. Je pense aussi à leurs professeures, qui les ont soutenus et encouragés à l’école ou à distance tout au long de cette année si dure et particulière. Un immense merci à elles. Marcos, Pablo et Mariana n’oublieront jamais Anne, Sonja et Estelle. Et leur dire au revoir aujourd’hui sera pour eux une peine sincère. Ce soir, après les émotions, il sera temps de regarder de Funès, le même film, comme chaque année, pour se préparer : Les grandes vacances. L’été, alors, pourra commencer.

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